Sous la peau, le tigre
Je ne m’offre pas. Je me déploie lentement, Comme une fièvre douce qui attend la nuit pour brûler. Je suis caresse et morsure, silence et vertige. Je suis regard qui devine, souffle qui frôle, Et mains qui lisent le corps comme un livre interdit. Je ne cherche pas le plaisir. Je le sculpte. Je le tisse. Avec celles qui savent entendre ce que je ne dis pas. Avec celles dont l’âme danse au rythme de mon feu. Je suis Tigre. Je ne bondis pas sans raison. J’observe. Je ressens. J’attends. Et quand je viens, je ne touche pas la peau, je traverse. Je vais jusqu’à ce lieu nu, fragile, sacré. Là où désir et mort ne font plus qu’un frisson. Je suis fait de pulsions nobles. De passions que l’on apprivoise, jamais que l’on consomme. Je ne connais ni la hâte, ni la foule. Je suis pour une, ou pour aucune. Je suis Tigre. Je suis élan. Je suis mystère. Et dans l’ombre, je veille. Pour celle qui saura voir, non l’homme, Mais le feu qu’il retient.
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